Tous les cinq ans depuis 2005, les pouvoirs publics fixent les grandes orientations de la politique nationale de santé au travail à travers un Plan Santé au Travail (PST). Le PST 4, qui couvrait la période 2021-2025, arrive à son terme. Le PST 5, qui fixera la feuille de route gouvernementale pour 2026-2030, est en cours de finalisation pour le secteur privé, tandis que la Fonction publique prépare son propre plan sur la même période. Quelles sont les orientations qui se dessinent, et quelles implications concrètes pour votre entreprise ?
Le Plan Santé au Travail est la feuille de route gouvernementale qui définit les priorités en matière de prévention des risques professionnels, de lutte contre les accidents du travail graves et mortels, et de prévention de la désinsertion professionnelle. Il est ensuite décliné au niveau régional par les DREETS (Directions régionales de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités) sous la forme de Plans Régionaux de Santé au Travail (PRST).
Source : travail-emploi.gouv.fr, Les plans santé au travail (PST) ; Projet annuel de performances, annexe PLF 2026
Le PST 5 constituera, selon le Projet annuel de performances annexé au PLF 2026, la feuille de route de l'ensemble des partenaires institutionnels. Ses priorités, telles qu'elles se dessinent à partir des documents disponibles, s'articulent autour de plusieurs axes :
La lutte contre les accidents du travail graves et mortels reste un axe transversal prioritaire. Les TMS, première cause de maladie professionnelle, sont explicitement identifiés comme une priorité nationale par les syndicats et les organismes de prévention dans les concertations en cours. La CFDT a notamment demandé que la lutte contre les TMS soit érigée en priorité nationale, appuyée sur une cartographie des métiers exposés et des actions ciblées par secteur.
Source : Projet annuel de performances, PLF 2026, programme Santé au travail ; CFDT, Un nouveau plan de santé au travail se profile (février 2026)
Le PST 5 accordera une place significative à la prévention de la désinsertion professionnelle, c'est-à-dire aux dispositifs permettant de maintenir dans l'emploi les salariés touchés par une maladie ou un accident. Les TMS, première cause d'inaptitude au poste, sont directement concernés par cet axe.
La prévention des RPS et la prise en compte de la santé mentale au travail constituent un axe structurant des concertations. L'article L.4121-1 du Code du travail impose déjà la protection de la santé mentale des salariés. Le PST 5 devrait renforcer les obligations et outils de prévention dans ce domaine, avec une attention particulière aux organisations de travail génératrices de stress chronique.
L'Anact, dans le cadre de son futur Contrat d'objectifs et de performance 2026-2030, sera mobilisée sur l'accompagnement des transformations durables du travail : télétravail, transitions organisationnelles, changement climatique et conditions de travail. Les SPSTI (Services de Prévention et de Santé au Travail Interentreprises) verront leur offre de service renforcée, notamment en direction des TPE-PME.
Source : Projet annuel de performances, PLF 2026 ; CFDT Fonction publique, Plan Santé au Travail (avril 2026)
Même si le PST 5 n'est pas encore adopté dans sa version définitive pour le secteur privé à la date de publication de cet article, plusieurs tendances de fond sont déjà actionnables :
Le PST 5 s'inscrit dans une continuité réglementaire qui va dans le sens d'une prévention plus exigeante, plus documentée et plus opérationnelle. Pour les entreprises, anticiper ces orientations, en structurant dès maintenant leur démarche TMS, RPS et formation SST, est la meilleure façon de transformer une contrainte réglementaire en levier de performance et de fidélisation des talents.
Suivez les annonces officielles du ministère du Travail sur travail-emploi.gouv.fr pour la publication officielle du PST 5.
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